Laval : de l’école d’ingénieurs à la mission Unis-Cité

il y a 1 semaine
Hugo Charlot est en service civique avec Unis-Cité. Le Lavallois a dû brutalement arrêter ses études d’ingénieur pour cause de maladie. Il sait qu’il s’épanouira dans le social.
Hugo Charlot est en service civique avec Unis-Cité. Le Lavallois a dû brutalement arrêter ses études d’ingénieur pour cause de maladie. Il sait qu’il s’épanouira dans le social. (©Courrier de la Mayenne)

Les jeunes en service civique Unis-Cité ont chacun leur histoire. Certains souhaitaient se reconvertir, d’autres ne se sentaient plus à leur place dans le parcours scolaire. Il y a aussi ceux qui n’ont eu aucun vœu exaucé sur ParcoursSup.

Ugo Charlot, 24 ans, fait partie de la 6e promotion à Laval (Mayenne). Il y a encore quelques mois, le Lavallois se prédestinait à une carrière d’ingénieur. La maladie a décidé de s’en mêler.

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« Je n’ai pas voulu dire à l’école que j’étais malade »

Titulaire d’un bac scientifique obtenu en 2016, Hugo Charlot a poursuivi ses études en prépa scientifique à Rennes avant de prendre la direction de l’Alsace. « J’ai intégré une école d’ingénieurs chimistes à Strasbourg. Le diplôme m’intéressait car il ouvre beaucoup de portes, d’autant plus dans cette spécialité. » Il valide sa première année malgré des problèmes de santé. L’année suivante, la situation ne s’arrange pas. « Je n’ai pas voulu dire à l’école que j’étais malade. J’ai fini par redoubler. » Hugo a tenté de reprendre à la rentrée, mais a dû tout stopper. « L’école était devenue incompatible avec ma santé, et je ne pouvais pas redoubler deux fois. » Alors, en septembre 2021, il rentre à Laval pour se soigner.

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Deux mois d’hospitalisation

Début 2022, l’hospitalisation, nécessaire, durera deux mois. « Durant cette période, j’ai aimé aller vers les patients qui n’allaient pas bien. Et j’étais un peu déconnecté du monde extérieur. » Le souci de l’autre le suit à sa sortie de l’hôpital. Dès le mois suivant, Hugo, qui est et sera toujours suivi par les médecins pour sa maladie, devient bénévole aux Restos du cœur. Il est chargé de préparer les commandes pour les centres de distribution. Une mission qu’il exerce durant cinq mois. « J’ai été conforté dans mon choix de me diriger vers le social », témoigne-t-il.

Une mission dont la cause lui tiendrait à cœur

Sa sœur étant en service civique, Hugo se penche sur le sujet avec cette volonté d’intégrer une mission dont la cause lui tiendrait à cœur. Très vite, il cible celle qui porte le nom de Solidarité aidants. Et voilà désormais un mois qu’il arbore avec aisance le tee-shirt orange spécifique d’Unis-Cité.

Nous avons commencé à rencontrer les parents et leurs enfants atteints de troubles autistiques que nous allons accompagner. Nous serons deux jours par semaine en structure, au sein de l’IME (Institut médico-éducatif) Jean-Baptiste-Messager. On apprend les manières de faire, comment ne pas brusquer les enfants, etc., auprès des éducateurs. C’est intéressant, et plaisant car les enfants sont demandeurs pour les activités.

Hugo Charlot

La mission se poursuit aussi en dehors de l’IME : « Nous sommes là pour permettre aux parents de souffler. Les enfants se retrouvent au sein des maisons de quartier. Des sorties sont aussi organisées, à la Perrine, au bois de L’Huisserie, etc. » Des temps d’amusement en dehors de la maison sont également prévus avec les fratries.

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« Un goût d’inachevé »

Solidarité aidants, c’est savoir s’adapter à chaque enfant : « Ce qui peut calmer l’un ne va pas forcément calmer l’autre », a déjà pu constater Hugo. Au fil des semaines et durant huit mois, les quatre membres de la mission apprendront auprès des professionnels. Déjà, le Lavallois est conforté dans ses choix par la voie qu’il vient d’emprunter. L’échec de l’école d’ingénieurs restera comme « un goût d’inachevé, car [il était] à deux doigts d’obtenir un bon diplôme ». Hugo constate cependant que « se rendre utile, c’est très gratifiant ».

À travers l’épreuve de la maladie, qui aura chamboulé un destin qui semblait tout tracé, le Lavallois a pu compter sur le soutien de sa famille : « Il a fallu digérer au début, mais ils m’ont toujours encouragé. Ils me disent aujourd’hui que je peux être fier de moi. »

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