Tuffé : projet de Mam retoqué, les assistantes maternelles s'expliquent sur ce refus

il y a 2 mois
Lucie Simon, à gauche, et Alisson Chevalier voulaient créer une MAM sur le commune de Tuffé-Val de la Chéronne.
Lucie Simon, à gauche, et Alisson Chevalier voulaient créer une Mam sur le commune de Tuffé-Val de la Chéronne. ©Echo Sarthois

Depuis plus de deux ans, Allison Chevalier et Lucie Simon, respectivement assistantes maternelles à Tuffé-Val de la Chérone et à Vouvray-sur-Huisne, portaient un projet qui leur tenait à cœur : la création d’une Mam sur la commune de Tuffé.

Pour ce faire, elles s’étaient tournées vers la municipalité car elles avaient une idée bien précise en tête :

On pensait qu’apporter une Mam sur la commune c’était proposer quelque chose de différent de ce qu’il y a déjà. Que cela ferait un plus, une alternative intéressante pour dynamiser l’offre à Tuffé. En plus, on voulait fonctionner avec la commune pour que l’investissement leur revienne.

« On pensait que ça allait aboutir »

Donc, il y a deux ans, elles présentent leur projet au maire de la commune et au conseil municipal, en partie sceptique, expliquant patiemment, lors de réunions, ce qu’était une telle maison, en quoi cela différait des propositions déjà offertes sur la commune et l’intérêt d’un tel système.

Avec Xavier Terrier, adjoint responsable de la commission développement communal, leur interlocuteur référent, le projet se monte de réunions en réunions, de conseils en conseils…

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Plans d’architectes pour réhabiliter l’ancienne école privée, visites des Mam des environs, accord du médecin de la PMI après visite des lieux et visionnage des plans, budget voté au conseil, subventions demandées et accordées, les choses semblaient se dérouler pour le mieux, malgré les longueurs administratives. « Xavier Terrier avait un dossier très épais pour notre projet, il s’est vraiment investi à fond dedans. Il a pu obtenir 80% de subventions, le maximum possible, on pensait vraiment que le projet allait aboutir » , avouent les jeunes femmes.

Une décision incompréhensible

Et pourtant, en septembre dernier, coup de massue : elles apprennent au téléphone, par Xavier Terrier, que le projet a été refusé après un vote à bulletin secret lors du conseil de la veille, « il était très déçu. On n’a rien compris. Jamais on n’aurait pensé que ce vote ce vendredi-là serait le dernier et serait définitif. Ça faisait deux ans que le projet passait de conseil en conseil, avec à chaque fois de nouvelles démarches. Et là, on venait d’avoir une réunion au sujet du loyer. On nous avait demandé quel loyer on pouvait mettre. » 

Qu’est-ce qu’une MAM ?

Pour mieux comprendre ce qu’était ce projet, Allison et Lucie expliquent ce qu’est une Maison d’Assistants Maternels et son intérêt : « C’est une maison où se regroupent des assistantes maternelles entre elles. Les enfants que chacune garde sont ainsi en mini collectivité. C’est une alternative différente entre l’assistante maternelle à domicile et la crèche. Chaque enfant a son assistante maternelle référente, comme lorsque c’est à domicile, chaque parent a un contrat avec l’assistante qu’il emploie, mais les enfants évoluent dans un lieu totalement adapté à eux, On peut faire plus de choses aussi. Tout est pensé pour eux alors que ça n’est pas possible dans sa totalité au domicile ».Un plus pour les enfants mais aussi pour ces professionnelles de la petite enfance : « Travailler chez soi ça a des contraintes. Notre logement est notre lieu de travail, ça impacte aussi la famille. Dans une Mam on a une véritable coupure entre la vie professionnelle et la vie privée. On a une vie sociale différente ».

Elles pensaient ainsi à des discussions avant de fixer un véritable montant qui conviendrait aux 2 parties. « Nous avions proposé une année à loyer modéré et ensuite nous envisagions de passer à un loyer plus élevé sachant que notre projet était de démarrer à deux mais de vite être trois assistantes maternelles dans la place, le projet étant prévu pour ça. Mais nous ne savions pas comment nous positionner car malgré nos demandes réitérées à la mairie pour qu’elle fixe un loyer, ils voulaient qu’on donne notre prix… Si on avait su… » 

Des explications dans la presse

Suite à cette décision et à ce vote, c’est l’incompréhension pour les deux jeunes femmes qui décident de se laisser du temps. Mais un article paru il y a quelques semaines dans notre journal, ravive leurs questions. « On a appris, en lisant l’article, que le projet n’a pas été accepté d’une part à cause du loyer que nous proposions mais pas que » . Loyer mais aussi avantage pour ces deux professionnelles au détriment des autres assistantes maternelles de la commune.

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Dans cet article en effet, Régis Bourneuf confiait « que le vote avait été ‘tendu’, au vu ‘d’un nombre encore important d’assistantes maternelles à domicile sur la commune’ ».

Selon lui, « certains élus auraient jugé que ce projet ‘avantageait certaines par rapport à d’autres’ et ‘qu’une micro-crèche au sein du centre de loisirs de Tuffé serait en réflexion’. » Un projet, qui bénéficierait d’aides plus importantes de la part de la Caisse d’allocations familiales.

Une location privée ?

Les deux « nounous » n’en démordent pas.

Notre projet était solide. Sur Tuffé on manque cruellement de places pour les enfants. On en refuse très régulièrement, cette Mam était vraiment quelque chose qui aurait pu marcher. Les contrats, on les aurait eus, la troisième personne aussi, pour ça il n’y avait aucune inquiétude.

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Si Allison et Lucie disent aujourd’hui garder l’idée dans un coin de leur tête, avec pourquoi pas une location à un particulier, même si c’est plus compliqué, elles se laissent le temps de digérer cette aventure : « notre seul regret c’est que pendant deux ans, on nous a fait croire que c’était possible alors qu’il y avait sûrement des aprioris dès le début. Il y a eu un manque de transparence. On aurait pu nous dire les choses clairement. On n’a pas compris ce ‘non’ définitif à ce moment-là du projet alors que toutes les démarches étaient largement entamées et finalisées ».

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